OPÉRATION ICEBERG : L’ÉDITION 5, C’EST PARTI !

Toujours les mêmes ingrédients au sein de cette aventure collective, des décalages, des expérimentations, des rencontres pour repousser les limites des projets parrainés et leur permettre d’exprimer pleinement leur potentiel artistique. Cette année, 11 groupes au talent prometteur, venus de France et de Suisse, ont été retenus. Parmi ceux-ci, nous sommes très heureux d’accompagner les strasbourgeois Cheap House (électro transe). Pendant 1 an, ils vont pouvoir bénéficier de résidences et de formations sur mesure afin de poursuivre leur développement. Jérémy Durand, coordinateur de l’opération, nous présente les grandes lignes de cette édition 5 et ce qui se dessine pour Cheap House.

Les Eurockéennes de Belfort, la Fondation CMA et les 13 salles franco- suisses, nous nous sommes tous réunis à Lausanne fin octobre dernier pour faire le bilan de l’édition 4 et lancer l’édition 5. Quoi de neuf côté Iceberg en cette année 2020 ?
Cette édition 5 ou Opération Iceberg 2020 s’annonce excitante et pleine de promesses, avec des groupes toujours aussi talentueux et à différents stades de développement. C’est hyper intéressant car les besoins sont tous différents et nous avons la chance de pouvoir expérimenter une multitude de choses. Coaching vocal, scénique, composition, travail d’arrangement, c’est à la carte. 2020 est aussi une année de transition pour préparer l’avenir et commencer à renouveler l’opération. C’est enfin ma 1ère année pleine en tant que coordinateur, je ne suis arrivé qu’en janvier 2019. Très heureux donc de participer à l’évolution du processus en cours, la formation notamment, avec un tout nouveau séminaire qui réunira l’ensemble des artistes sélectionnés en cours d’année. « Work in progress » comme on dit !

Tu as donc rejoint l’opération l’année dernière. Quel regard portais-tu sur ce dispositif ? Est-il différent maintenant que tu l’observes de l’intérieur ?
Belfortain d’adoption et acteur du développement d’artistes depuis plusieurs années, j’ai toujours eu un œil attentif sur l’opération. J’ai participé aux différentes rencontres avec les artistes et les intervenants, ainsi qu’aux 1ères conférences qui étaient organisées sur les droits d’auteur ou encore la santé du musicien. Je ne peux donc pas dire que mon regard est différent aujourd’hui. Disons que l’accompagnement d’artiste évolue et que les besoins ne sont plus les mêmes qu’au moment de l’édition 1. Il faut savoir être innovant et force de proposition pour continuer à faire vivre le dispositif.

Onze projets émergents ont donc été choisis. Un bon cru selon toi ?
Oui, il y a eu de vrais coups de cœur, avec une sélection très éclectique.
Découvrez les 11 projets sélectionnés !

Parmi ceux-ci, il y a Cheap House, ce groupe strasbourgeois d’électro instrumentale que nous allons parrainer. Nous avons réalisé ensemble leur diagnostic, en parlant besoins et envies. Plusieurs pistes ont été abordées, en particulier une rencontre avec un DJ pour croiser leur approche du son mais aussi de l’écriture. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Pour Cheap House, nous allons travailler essentiellement l’aspect scénique et la transmission de leur énergie au public, même s’ils maîtrisent déjà bien leur sujet. Nous allons les faire travailler avec un « DJ/compositeur » dont je ne peux pas encore vous donner le nom… C’est en cours de calage, mais si nous arrivons à convaincre l’artiste en question, Cheap House devrait vivre une superbe expérience. Nous avons pris le temps d’écouter le groupe pour comprendre ses besoins et réfléchir à la personne la plus adaptée pour répondre aux problématiques posées. Ces rencontres, ce sont également des moments de vie, l’humain doit rester au cœur du projet et des échanges.

A Django, on te connaît depuis longtemps car tu es par ailleurs directeur de l’agence V2C, basée à Belfort, avec laquelle nous collaborons régulièrement (Dirty Deep, Thomas Schoeffler Jr., etc.). Pas trop compliqué de cumuler toutes ces « casquettes » ?
Tu poses la question à quel Jérémy ?! Je rigole. J’ai toujours aimé entreprendre et l’ennui me fait peur. Je suis un touche-à-tout, j’ai appris beaucoup de métiers différents en quelques années, la communication, l’administration, les ressources humaines, le commercial… J’ai la chance d’être accompagné par une super équipe qui me suit dans mes projets les plus fous avec une grande confiance. C’est très important pour moi. Je tiens d’ailleurs à vous remercier car vous faites partie des 1ers acteurs, avec la Poudrière à Belfort et le Moloco à Audincourt, à m’avoir soutenu. Alors MERCI !

V2C a d’ailleurs fait des petits avec deux nouvelles structures de production : Little Sister et Junior 360. Vous couvrez désormais une bonne partie de la chaîne de développement d’un projet musical (tour, label, édition, management…).
Comment est née cette architecture ? Elle s’est imposée à vous par le contexte local et l’évolution de la filière musiques actuelles ?
C’est une évolution assez logique de notre écosystème, la filière est en mouvement continu et nous sommes peu en région, voire quasiment seul sur l’activité booking, malgré plusieurs initiatives locales et une forte demande des artistes. En 5 ans, nous avons pu expérimenter plusieurs modèles d’accompagnement d’artistes, nous sommes en constante remise en question car tout va très vite. Il est important pour nous de maîtriser la chaine de développement d’un projet musical dans son ensemble. Mais si tu savais tous les projets que j’ai en tête… Rendez-vous dans 5 ans !

Junior 360 fait même déjà partie de l’entourage professionnel de Cheap House. Une aubaine pour eux non ? Ils vont ainsi pouvoir profiter de l’appui de 3 opérateurs, Junior 360, Iceberg et Django ?
Effectivement, c’est une année faste pour eux mais c’est aussi une aubaine pour les 3 opérateurs. Chacun pourra apporter sa pierre à l’édifice. On parle beaucoup de coopération et de mutualisation dans nos métiers. Avec Cheap House, nous sommes exactement à cet endroit. Le modèle économique de Junior 360 porte principalement sur cette collaboration de proximité, afin de développer la scène locale et régionale. Sans cette force commune, difficile pour le groupe et pour Junior 360 d’exister.