MAI – BIGGER + JOHNNY MAFIA – 29.05.19

Après la Jam et le Noël kenyan offert par Muthoni, on accueillait le concert de Bigger + Johnny Mafia. 

Les rockeurs, vous faites chier. 

Nan mais voilà, c’est dit hein. 

Et que ça chouine, et que rock is not dead, et que la vraie musique gneugneugneu, et quand on vous fout un concert de rock dans les pattes, y’a personne. Ah bah oui mais bon, eh, faut sortir le soir après le bureau, si on veut assumer d’être un rebelle !

 

Bon, bref, le rock, ça prend pas des masses à Django. Les bénévoles O.G (j’essaie de m’acheter une street cred) se souviendront du concert presque désert de The Jacques (ou Les Jackeuss’ avec l’accent), ces ados anglais bourrés comme des poires captives et pas foutus d’accorder leurs guitares eux-mêmes (même sur scène) qui nous avait tout de même régalé d’un set de 45mn brouillon et kiffant comme des traces de doigts plein de gras de frites sur un cornet en papier barbouillé de ketchup.

 

 

Comme le rock anglais ça avait pas trop payé, on a misé sur le rock français avec un co-plateau qualitatif du feu de dieu composé de Bigger et Johnny Mafia. Dispositif Iceberg, Eurocks, Décibulles, tout ça. It’s called fashion, look it up.

Du coup, ouais, on avait vraiment envie… mais pas vous. 8 préventes à J-7.

Inutile de vous figurer à quoi ressemble un concert de rock avec 8 personnes dans une salle, on l’a déjà assez fait, et ça fait mal dans tout le corps tellement c’est triste et nul. On a envoyé des mails, fait des publis, je vous ai enfoncé et martelé l’info dans la tête comme un lego dans le crâne de mon petit frère y’a quelques dizaines d’années, enfin, on a fait ce qu’on a pu. Eeeeet ça a (un peu) payé. Les préventes sont montées au nombre vertigineux de quelque chose comme vingt ou trente, alors on a serré les dents, carré les épaules, et on a foncé dans le tas. En sortant quand même les gradins pour pas faire trop vide.

Côté bénévole, c’était le grand retour de Baya, parce que OUI, Baya n’était pas là aux DEUX DERNIERS DATES, voire peut-être même trois, je sais plus trop, mais en tout cas il était pas là pour cause de tournée internationale à Nancy avec les Fat Badgers, et pour se faire pardonner, il a décidé de nous faire des smoothies. Ouais, allez savoir.

 

Bon en tout cas, Bigger c’était trop classe, je voyais pas trop ce qu’ils voulaient dire dans les articles par « pop anglaise sombre et lumineuse » mais je dois dire que c’était du rock qui se rapprochait de la pop-rock anglaise, sombre mais lumineuse. Euh voilà, je bosse pas pour Gonzaï moi.

Le chanteur faisait des têtes de type intolérant au lactose et qui se serait enfilé un St Nectaire, mais c’était cool. Un peu Franz Ferdinand, un peu Arctic Monkeys, joli beau.

Ensuite, Baya nous a fait des smoothies. Avec un mixeur. Ramené de chez lui. Oui oui. Mûres ananas, voilà. C’était très bon, un peu épais, et on avait tous des graines noires coincées entre les dents pendant une heure ensuite.

 

Sur scène (oui parce qu’on met pas encore – tout le temps- Baya sur scène), ça enchainait sur Johnny Mafia. Et si Django avait repris des couleurs la semaine précédente avec le concert de Muthoni, là on a carrément était propulsé dans une autre sphère. On peut à présent le dire : ce mercredi 29 mai à Django, avec une quatrevingtaine de personnes dans la salle, a eu lieu le sacro-saint duo de tout bon concert de rock : pogo ET slam..

 

Oui, avec un groupe de 10 à 15 personnes portant (littéralement) le tout. C’était dingue dingue dingue.

En ressortant du concert, entre deux gobelets à essuyer et un bout de tarte à la fraise (jk, elle a été englouti dès le catering), on a parlé boulot avec Guillaume. Galères et stress, peut-être, mais aussi ce moment d’épiphanie qui est arrivé un jour au moins à tous ceux qui aiment leur taff, cet instant de lucidité beau comme une bille où l’on se dit « Mais… c’est mon boulot. En vrai. C’est ça, mon boulot. »

Et je ne saurais pas vous décrire la sensation exacte que c’est d’entrer dans la salle déserte, l’odeur-souvenir comme quand on revient dans son école primaire et qu’on avait oublié que l’on se souvenait de cette odeur très précise, la vision de la scène vide avec ses dernières traces de pas collées encore dessus, la fraîcheur d’obscurité,  le craquement timide du plancher sous mes baskets qui crissent et le bruit mat de la porte qui se referme derrière moi. Il y fait un silence de nuit et l’odeur du café se mêle à merveille à celle des pendards tout poussiéreux de poudre à fumée.

Alors, oui, des fois je râle.

Je critique dans mes mails, je proteste et vitupère en vrai, contre les artistes, le public, moi-même, la météo, l’odeur du produit vaisselle ou la place des éponges, mais, eh, sachez tous ce qu’il en est vraiment : tous le stress et la fatigue du monde valent bien un endroit dont l’odeur vous fait le même effet que celle de vos souvenirs d’enfance.

 

 

Allez, bisous les pinsons doux.