LE CABARET VERT ET SES JEUNES POUSSES

Depuis la saison dernière, nous sommes partenaires du Cabaret Vert, ce festival militant organisé à Charleville-Mézières, dans le département des Ardennes. Avec d’autres représentants des musiques actuelles de la région Grand Est, nous participons à la sélection régionale du festival. Il s’agit de repérer les pépites musicales de notre vaste territoire et de choisir ensemble celles qui se produiront sur l’une des scènes du festival. Un vrai coup de projecteur pour ces artistes et une belle mission qui nous est confiée, sur laquelle nous revenons avec Julien Sauvage, directeur du festival.

Le Cabaret Vert existe maintenant depuis 2005. Vous avez démarré tout petit, avant de devenir progressivement l’un des plus grands festivals en France. Cette préoccupation pour la scène locale était-elle présente dès le départ ? Comment a-t-elle évolué au fil des années ?

Nous avons créé le Cabaret Vert dans le but de dynamiser notre territoire, que ce soit en termes de notoriété et de retombées économiques. Mais il faut se rappeler que l’association FLaP qui dirige cet événement s’est créée à partir d’un groupe de musique carolomacériens (les habitants de CharlevilleMézières) voulant permettre à des groupes locaux de jouer dans de bonnes conditions (il n’y a pas de SMAC dans les Ardennes et pas vraiment de lieu dédié aux musiques actuelles). Ainsi, dès notre 1ère édition, nous avons eu à cœur de programmer des artistes régionaux. Depuis 2 ans, nous avons ouvert cette sélection au Grand Est (réservée jusqu’à présent à la Champagne-Ardenne) grâce à l’aide d’acteurs lorrains et alsaciens venus renforcés notre comité jusqu’alors exclusivement champardennais. Une dizaine d’artistes est ainsi programmée depuis notre 1ère édition.

Votre engagement en faveur du développement territorial n’est plus à prouver. Ce soutien aux artistes du coin participet-il de cette démarche d’ensemble ?

Il est clair que la culture doit être perçue comme l’un des quatre piliers du développement durable… D’autant plus dans le contexte de concentration que vivent les festivals depuis quelques années en France. C’est une manière indirecte de lutter contre l’uniformisation (ou le formatage) des programmations. On pourrait presque parler de biodiversité culturelle. C’est aussi pour cette raison que le festival a intégré des espaces dédiés au cinéma, à l’art de rue et à la BD.

Cette année, une dizaine de groupes venus de Champagne-Ardenne, de Lorraine et d’Alsace seront programmés en août prochain. Une mise en avant tout sauf symbolique donc. Un signe fort pour promouvoir nos talents et faire entendre leur musique à des publics qui bien souvent ne les connaissent pas encore. C’est aussi ça le rôle du Cabaret Vert ? Une histoire de rencontres et découvertes ?

Je répondrai forcément par l’affirmative. Les rencontres, c’est un peu la raison d’être des festivals… Et nous avons toujours eu envie de faire découvrir à notre public, au départ principalement local, des artistes en développement en s’appuyant sur la présence de têtes d’affiches/headliners.

« L’énergie sur scène est très importante. Il ne faut pas hésiter à faire des résidences et se tourner vers des structures qui font de l’accompagnement. Il y en a généralement dans tous les territoires ! »

Quelles sont les conditions pour candidater ?

Il n’y a pas vraiment de critères particuliers, si ce n’est de résider dans le Grand Est… et ce afin de laisser un maximum de liberté au comité de sélection qui, au travers des structures représentées, a un œil très précis sur l’ensemble du territoire du Grand Est. Mais attention, nous accueillons près de 100 000 spectateurs : il s’agit donc de sélectionner des artistes avec suffisamment d’expérience pour être capable de tenir une scène devant plusieurs milliers de spectateurs. Il ne faut pas avoir une programmation régionale pour en avoir une (!), au risque d’envoyer « au charbon » des groupes insuffisamment préparés.

Un comité d’écoutes est constitué pour sélectionner les groupes. Peux-tu nous en dire plus sur cette étape importante, son déroulé, la composition du jury ?

Le jury est constitué d’une dizaine de personnes travaillant dans les musiques actuelles dans le Grand Est. Ce ne sont pas les structures dans lesquelles ils travaillent qui sont directement représentées… Ce comité s’est mis en place petit à petit, au travers des rencontres que nous avons pu faire et il peut être amené à évoluer à chaque édition. Ce doit aussi être un moment de plaisir pour ses membres !

Les débats sont vifs du coup ? Une anecdote à ce sujet ?

Je confirme que les débats sont très animés !!! Mais dans l’ensemble, c’est l’intérêt général qui prime, c’est pourquoi je ne révélerai pas d’anecdote… Le secret des échanges permet une parole libre !

Si tu avais un conseil à donner à tous ces artistes émergents, quel serait-il ?

Prendre le temps… Inutile d’être impatient. De manière générale, selon moi, l’énergie sur scène est très importante. Il ne faut pas hésiter à faire des résidences et se tourner vers des structures qui font de l’accompagnement. Il y en a généralement dans tous les territoires !