DERBY GRAND EST : ON N’A PAS LE MÊME MAILLOT MAIS ON A LA MÊME PASSION !

En mars dernier, nous avons organisé en partenariat avec l’Autre Canal de Nancy notre première soirée « Derby Grand Est ». Lors de l’édition chez nos voisins lorrains, les groupes strasbourgeois FREEZ et Encore avaient été accueillis par les locaux de M.A Beat. Pour le match retour à domicile, c’est Hermetic Delight qui a reçu Taxi Kebab et Ippon dans un moment découverte des bonnes saveurs de notre région. L’occasion de défendre la scène émergente et d’encourager la circulation de nos artistes à travers tout le Grand Est. Retour avec Henri Didonna, directeur de l’Autre Canal, sur cette initiative et les perspectives qu’elle offre. 

Les soirées Derby sont nées avec la réforme territoriale et commencent à se multiplier aujourd’hui. Quel regard portes-tu sur ce concept dédié aux artistes émergents de la région ?

Nous savons tous qu’il est très difficile, pour les artistes que nous soutenons, de donner des concerts en dehors de leur territoire de proximité. Nous avons pour missions de les aider à circuler, à rencontrer de nouveaux publics. Il est donc indispensable de mettre en œuvre toutes les initiatives qui iraient dans ce sens. En l’occurrence, à l’échelle de la Région Grand Est qui devient un formidable terrain de jeux, nous nous sommes inspirés de deux initiatives existantes : les Derby Club à la Cartonnerie et Front de L’Est (un échange avec la BAM à Metz). Il est vraiment important de trouver toutes les solutions possibles en faveur des artistes émergents et ce type d’échange, entre salles du Grand Est, est pertinent.

Notre envie de travailler ensemble autour de ce projet a été rapide. Comment se sont construites ensuite les programmations ?

Les programmateurs de chaque salle savent qu’ils ont ce type de soirée potentiellement réalisable et donc, sans obligation, sans pression, ils attendent le bon moment pour l’envisager. Pour les groupes émergents, le bon moment c’est une release ou une sortie de création. Autour d’un tel temps fort, à eux aussi d’inventer un plateau qui fédère les énergies et talents des deux lieux. Les artistes ont semble- t-il tous apprécié cette rencontre musicale dans un nouveau contexte.

C’est aussi ça le plus des Derby ? Rapprocher nos groupes au sein d’une scène commune ?

Tout à fait, le point fort de ces Derby, c’est LA rencontre. Rencontre entre des artistes, des acteurs de l’entourage, voir des équipes.

Il paraît même que tu as redécouvert chez nous un groupe de chez toi ?

Oui j’étais passé un peu « à côté » du groupe Ippon que j’avais vu chez nous et là j’ai vraiment trouvé leur projet intéressant… A suivre donc !

Lors du Derby à Django, vous êtes venus avec toute une délégation lorraine. Tes collègues mais aussi vos partenaires et quelques professionnels de la musique. Une façon aussi de faire circuler la filière au sens large ? En vue peut-être de nos publics demain ?

Toujours ce souci de rencontre. Je suis fan du projet et de l’équipe de Django, j’avais donc envie que nos équipes puissent échanger : c’est forcément productif. Par ailleurs, amener avec nous quelques acteurs de la filière, c’est une logique de travail en réseau à l’échelle du Grand Est.

Des idées pour continuer à améliorer ce format, en faire un rendez-vous incontournable de notre région ?

Pas forcément une tournée mais une marque, une posture des acteurs pour « faire Grand Est », pour multiplier les occasions en salle ou en festival de mettre en avant la scène Grand Est. Nous travaillons collectivement sur un nom, il faut réfléchir à tous les éléments qui invitent, au- delà de l’artistique, à fédérer du public autour de ce concept.