AVRIL – IFRIQIYYA ELECTRIQUE – 27.04.19

Samedi dernier on eu notre dernier concert du mois d’avril… Vous savez… Le dernier concert du mois d’avril qui est avant le mois de mai. Le mois de mai genre le mois de la mort. Si on survit on se revoit en juin, hein. Bon, et du coup cette dernière date, c’était celle d’If..Iffrr…Iffriqqya… IFFRIQYYA… IFRIQIYYA ÉLECTRIQUE BORDEL. 

 

Et sans dèc, on devait être en gros rétrograde de Mercure parce que les bus et les trams étaient ralentis par les manifestations des Gilets Jaunes, il manquait la CB pour les courses, et la moitié de mes bénévoles étaient malades ou momentanément handicapés. Mercure rétrograde je vous dis.

 

 

Au moins le groupe n’était pas en retard : deux tunisiens qui chantaient, et les deux musiciens français, qui ressemblaient furieusement à Helena Bonham Carter et une version âgée et bizarre d’Edward aux Mains d’Argent. Ils ont débarqué en annonçant qu’ils avaient envie de changer la config’, comme ça, et de jouer aux quatre coins de la salle.

Mercure rétrograde.

 

Après une seconde d’hésitation, Ben a accepté et on a lancé les balances. Ou plutôt, les balances nous ont balancé. Une grosse baffe dans la figure qu’elles nous ont balancé. Tout le bar vibrait de gros riffs très sales, même avec les portes fermées.

Le catering a été très calme, on a juste eu beaucoup à débattre sur le lacet auquel Jamal avait accroché son téléphone et qui pendait tristement autour de son cou. Parait que c’est hype. Parait que c’est une artiste berlinoise qui l’a fait. Perso je voyais un tendeur de vélo avec une coque en plastique achetée sur Wish mais, eh, ptêtre bien que c’était un Décathlon de Berlin qui a fourni le matériel hein…

 

 

En parlant de Berlin, lorsque le concert a commencé, on était d’ailleurs pas loin de hébétement qu’on peut connaître dans un club de ladite ville. Ecran géant sur scène avec film et prises de vue version mariage tunisien sous champis, personne ne voit trop où sont les musiciens puisqu’ils ne dépassent pas de la foule et que pour couronner le tout ils s’amusent à se déplacer entre les spectateurs qui, en désespoir de cause, fixent tous bêtement l’écran en sursautant entre deux musiciens qui se baladent.

 

 

Parmi eux, un photographe qui a eu l’éclair de génie de demander à venir sur cette date et qui court dans tous les sens comme un dingue avec les yeux qui brillent.

Ouais, c’est étrange. Et surtout étrange quand on quitte la salle et qu’on y retourne. Parce que ça prend. En fait.

Le guitariste joue comme celui dans ce merveilleux film qu’est Mad Max version 2015 (bel rèf – je suis critique cinéma sur mon temps libre), c’est un peu ambiance fin du monde et j’ai l’impression de passer dans l’antre du sheitan à chaque passage supplémentaire, les gens commencent à se déshabiller et à s’agiter dans tous les sens, y’a ce groupe qui a l’air adepte d’amour tantrique et qui commence à se chauffer dans un coin et là, au milieu de la foule, petit halo de lumière.

Un petit jeune méga chaud, en pleine transe et qui kiffe son concert.

Notre. Premier. Billet. Suspendu. 

 

Ces billets qu’on redistribue aux gens en grande difficulté via des assos. Et le voilà, le premier à en bénéficier : un petit jeune du Centre Bernanos. Venu avec deux acolytes (dont un qui a fini par le suivre dans sa danse endiablée) et une accompagnatrice, suite au démarchage pointu de notre Féfé nationale, il est reparti avec un tas de programmes dans les programmes et des poignées de main ravies dans tous les sens. Et ça, on aime. Fort fort fort.

Enfin, revenons au concert.

La salle se transformait peu à peu en pit de l’enfer, Ben, depuis la régie, contemplait son œuvre, et le film et la musique et la chaleur et les cris des musiciens plus ou moins prévus rendaient tout ça très chelou.

 

 

« J’ai trop hâte que le mouton débarque là au milieu, ça va être fou ! » nous crie Mourad.

« Le mouton ?! Quel mouton ??? Un mouton vivant ?!!! »

« Bah ouais Baya, le mouton qui est dans l’espace tech !!! »

… devinez quoi. Il est allé voir.

Pour les plus naïfs d’entre vous, non, y’avait pas de mouton vivant dans l’espace tech attendant son heure de gloire (ni de mouton mort non plus d’ailleurs), et le concert s’est très bien fini.

 

Féfé a remporté son pari d’action culturelle en ramenant les jeunes, mais a lamentablement perdu le dernier wrap au shifumi contre Cyprien (Fat Badgers/Leopard Da Vinci/Albinoid Sound System/Douze autres groupes dont j’ai oublié le nom).

On pensait finir tôt et évidemment c’était raté, mais on a conclut la soirée avec quelques moves merveilleux et on est rentrés contents comme des pinsons confits.

 Voilà, c’était Iffriq… Ifriqq… c’était bien. Même en mercure rétrograde.